Récompensé par trois César lors de la 46ème cérémonie, dont celui du meilleur documentaire, Sébastien Lifshitz raconte le quotidien de deux jeunes filles inséparables, dont la relation fusionnelle transcende les classes sociales. Un remake de La Vie d’Adèle ?

Histoire d’amitié, sans la moindre ambiguïté sexuelle, entre deux jeunes filles, le nouveau film de Sébastien Lifshitz naviguerait-il inconsciemment sur les mêmes eaux que le mélo très chaud d’Abdellatif Kechiche ? Pendant cinq ans, la caméra du documentariste a observé, à une distance toujours respectueuse, le quotidien d’Anaïs et Emma, depuis leur entrée en quatrième jusqu’à l’obtention du baccalauréat. Une période charnière résumée dans ce film d’un peu plus de deux heures, où les deux copines découvrent l’amour, l’angoisse des examens et accumulent les prises de bec houleuses avec leurs parents. 

Quel rapport avec La Vie d’Adèle, donc ? Disons qu’il y a ici une certaine envie d’encapsuler ce passage à l’âge adulte avec, comme toile de fond, la question du déterminisme social. Comme les héroïnes de Kechiche, Anaïs et Emma sont inséparables mais n’ont franchement rien en commun. La première, une ado rebelle, débraillée et attachante, grandit dans une famille prolétaire qui part en vrille. Côté carrière, la jeune femme souhaite travailler avec des enfants, comme le personnage d’Adèle Exarchopoulos. Emma – qui porte le même prénom que le personnage joué par Léa Seydoux – se démarque quant à elle par sa pudeur, sa silhouette élancée et son apparence soignée. Issue d’un milieu plutôt bourgeois, l’adolescente choisit de s’exprimer à travers l’art: elle se rêve actrice, prend des cours de solfège et chante dans une comédie musicale. Malgré leurs différences, les deux amies traversent ces cinq années main dans la main, sans jamais vraiment subir le poids de cette fracture sociale. Mais pour combien de temps encore ? C’est la question qui turlupine le spectateur à mesure qu’avance le récit et qu’évoluent les protagonistes. Dans La Vie d’Adèle, l’histoire d’amour entre Emma et Adèle prend justement l’eau à cause du gouffre qui sépare les deux amantes. Emma, qui a du mal à concevoir qu’un job «conventionnel» puisse être épanouissant, encourage Adèle à se tourner vers l’écriture. De son côté, Adèle ne trouve pas sa place au milieu des copains ultra bobos d’Emma, qui dissertent sur la philo et s’écoutent surtout beaucoup parler. Le duo finit par jeter l’éponge, confirmant la thèse selon laquelle on n’échappe jamais vraiment à son milieu social – à laquelle Kechiche souscrivait intégralement dans son film. 

Le film de Sébastien Lifshitz, lui, est d’autant plus désarmant que ses protégées semblent conscientes que le temps qui passe et leurs nouvelles fréquentations finiront tôt ou tard par les éloigner à leur tour. À la veille de leur départ vers de nouveaux horizons, le bac en poche, Anaïs pose un regard fataliste et bouleversant sur leur relation: «J’pense qu’on va pas vraiment garder contact. On restera des amies d’enfance.» On lui souhaite de tout cœur d’avoir tort. 

Julia Mothu
 

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