LA GRADIVA, en salle le 21 octobre 2026
LA GRADIVA, premier long-métrage de Marine Atlan, sort le 21 octobre 2026 dans les cinémas UGC. Le film suit un groupe de lycéens français en voyage scolaire à Naples, face aux ruines de Pompéi. Antonia Buresi, Colas Quignard et Suzanne Gerin en sont les têtes d’affiche. Le film porte le label UGC DÉCOUVRE.
De quoi parle LA GRADIVA ?
LA GRADIVA de Marine Atlan, avec Antonia Buresi, Colas Quignard et Suzanne Gerin. En salle le 21 octobre 2026. Drame, auteur.
Le pitch. En voyage scolaire à Naples, un groupe de lycéens français va découvrir les ruines de la cité de Pompéi et ses corps pétrifiés par le Vésuve. Sur place, ce qui ne devait être qu’une plongée dans l’histoire et ses beautés au présent et au passé, va vite se révéler un vertige existentiel où les émotions liées à l’âge des possibles se confrontent.
Que dit Marine Atlan de son film ?
Entretien avec Marine Atlan, réalisatrice de LA GRADIVA.
Pourriez-vous revenir sur la genèse de votre premier long-métrage, LA GRADIVA ?
Au départ, il s’agissait d’une commande. Les responsables de la série TOUS LES GARÇONS ET LES FILLES (collection sur Arte de neuf téléfilms sur le thème de l’adolescence) voulaient relancer le programme. J’ai été contactée, et on m’a proposé de réfléchir à un film avec des jeunes acteurs non professionnels, éventuellement une classe de conservatoire. J’ai alors imaginé un cadre – le voyage scolaire, et ce que ce passage obligé peut avoir de beau et trivial – puis un décor : Naples et les ruines de Pompéi. Qu’est-ce que l’exposition de la jeunesse à l’art, et ses vestiges, provoque comme ressenti intime. La collection TOUS LES GARÇONS ET LES FILLES fait partie du cinéma qui m’a énormément marquée. Je pense notamment aux segments réalisés par Patricia Mazuy et Chantal Akermann (TRAVOLTA ET MOI, PORTRAIT D’UNE JEUNE FILLE DE LA FIN DES ANNÉES 1960 À BRUXELLES). Je les trouvais très justes sur la forme comme sur le fond. Et puis, ça collait à la façon dont j’envisageais la pratique du cinéma : un film ça peut se faire vite, et avec peu de moyens, du moment qu’on laisse le temps et le hasard se déployer.
Sur un plan personnel, avez-vous vécu un voyage scolaire fondateur ?
En tout cas, aucun voyage en Italie, comme les personnages du film. J’ai juste quelques souvenirs d’une sortie scolaire au Mémorial de Caen. Je dois reconnaître, par contre, que le lycée m’a laissé des souvenirs très prégnants. J’ai grandi à Bagneux, entre banlieue rouge, lycée mixte à Montrouge, et ensuite j’ai continué ma scolarité dans un collège très bourgeois. Ça m’a familiarisée à plein de milieux socioprofessionnels différents. L’adolescence, pour moi, c’est ambivalent, avec des moments magnifiques de grande exaltation, mais aussi de grandes fragilités. À l’âge de 12-13 ans, j’étais à fond dans ma passion pour la photo argentique, puis la cinéphilie est arrivée vers 17-18 ans. Mais se rêver en cinéaste me paraissait démesuré : je voulais surtout apprendre un métier concret. Je me suis donc inscrite en BTS image, avant d’intégrer une fac de cinéma, puis la Fémis qui reste un moment génial. Quatre années de chance folle avec des rencontres marquantes, comme ce jour où Francis Ford Coppola est venu donner une masterclass.
Votre film parle de l’adolescence, mais laisse aussi planer un sentiment : celui du déracinement.
C’est un des arcs narratifs principaux de LA GRADIVA : pourquoi on idéalise un pays qu’on n’a pas connu, comment se comporter quand on arrive, comme un étranger, dans un territoire dont on n’a ni les codes, ni les références à l’histoire et aux arts. J’ai aussi connu cela, puisque mon père vient d’Algérie et de Tunisie, d’une famille berbère, juive arabe. En entrant dans l’adolescence, cela forme un curieux ressenti face au monde qui vous entoure. Chez les adolescents, le sentiment de ne pas être d’ici existe réellement.
Dans une interview, vous disiez avoir construit certains des personnages de ce groupe de lycéens en vous appuyant sur des personnages ayant déjà existé, par le passé, dans d’autres films. Pouvez-vous clarifier ?
Avec LA GRADIVA, je me suis appuyée sur des émotions purement cinéphiles pour ensuite les projeter sur certains des personnages du film. Tony (Colas Quignard), par exemple, devait avoir quelque chose de ces jeunes comédiens italo-américains révélés pendant la période du Nouvel Hollywood. Je voyais en lui comme une sorte d’Al Pacino dans UN APRÈS-MIDI DE CHIEN. Pour souligner le charisme de James (Mitia Capellier-Audat) j’ai pensé aux œuvres de Pasollini, et notamment à THÉORÈME. Le personnage de Suzanne (Suzanne Gérin), quant à elle, me ramène aux films d’Éric Rohmer…
Les noms qui reviennent souvent au titre des influences de LA GRADIVA sont ceux d’Abdellatif Kechiche ou de Maurice Pialat. Ce sont des cinéastes dont vous vous sentez proches ?
L’ESQUIVE, LA GRAINE ET LE MULET ou MEKTOUB MY LOVE, restent des films qui m’ont marquée par leur force d’incarnation et leur manière de se fondre dans le réel. Maintenant, je ne minore pas le fait que ces réalisateurs avaient parfois recours à des méthodes violentes sur leurs comédiens pour obtenir des plans. Pour ma part je ne veux pas transformer un tournage en jeu de pouvoir vertical. Le monde a changé, on ne peut plus faire du cinéma comme avant, et c’est plutôt une bonne nouvelle. Je crois fermement aux vertus de l’horizontalité pendant une expérience cinématographique. En laissant de la place au regard des autres, on enrichit son regard. Mes névroses à moi sont ailleurs. (sourire)
Pourquoi aller voir LA GRADIVA ?
Ce film sait restituer la complexité de la jeunesse, les vestiges de Naples, et faire de toute cette humanité en éruption une œuvre d’art en prise directe avec l’école néoréaliste – de Rossellini à Kechiche. Retenez bien le nom de la réalisatrice Marine Atlan. Son premier long-métrage est la promesse d’une jeunesse éternelle pour le cinéma d’auteur français.
LA GRADIVA porte le label UGC DÉCOUVRE : la curiosité, ça se cultive !
