LES MISÉRABLES, nouvelle adaptation du roman de Victor Hugo signée Fred Cavayé, sort le 14 octobre 2026 dans les cinémas UGC. Tahar Rahim y incarne l’inspecteur Javert, aux côtés de Vincent Lindon et Camille Cottin. Le film porte le label UGC AIME et est présenté en avant-première le 12 octobre 2026 à l’UGC Maillot Palais des Congrès.

De quoi parle LES MISÉRABLES ?

LES MISÉRABLES de Fred Cavayé, avec Vincent Lindon, Tahar Rahim et Camille Cottin. En salle le 14 octobre 2026. Drame, blockbuster. Durée : 3 h. Label UGC AIME.

Le pitch. Alors qu’il n’a pas encore 20 ans, Jean Valjean est arrêté en pleine rue, puis transféré au bagne de Toulon, pour le crime… d’avoir volé un pain. Sa peine purgée, il réapparaît sous l’identité de Monsieur Madeleine, maire humaniste de Montreuil-sur-Mer. La rédemption d’un homme plein de miséricorde ? Le très raide inspecteur Javert va tout mettre en œuvre pour prouver le contraire. La contre-offensive s’amorce.

LES MISÉRABLES est présenté en avant-première le 12 octobre 2026 à l’UGC Maillot Palais des Congrès, deux jours avant sa sortie en salle.

Que dit Fred Cavayé de son film ?

Entretien avec Fred Cavayé, réalisateur de LES MISÉRABLES.

Vous dites avoir relu LES MISÉRABLES pendant la période du confinement. Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de vous replonger dans le roman de Victor Hugo ?

En premier lieu, je pense que ça vient de mon attachement profond à ce que l’on appelle le grand art populaire. L’envie de relire LES MISÉRABLES en plein confinement vient aussi d’une anecdote qui m’avait marquée : après la sortie du roman de Victor Hugo, les lecteurs potentiels – et principalement ceux qui n’avaient pas les moyens de s’acheter ce livre – s’étaient réunis en petits groupes pour mutualiser le coût d’un tel achat. Résultat : dès le XIXe siècle, ce roman a circulé d’une main à l’autre. Il y a quelque chose de très beau là-dedans. Ça illustre un sentiment qu’Hugo transcrit parfaitement dans LES MISÉRABLES : ce qui sauve les gens de la condition humaine à laquelle ils ont été assignés, c’est la solidarité, le sens du collectif, le partage.

En vous attaquant à l’adaptation de ce monument du patrimoine littéraire, aviez-vous un point de départ à l’esprit ?

En tout cas, j’avais une envie : ne pas faire un film qui serait un remake de toutes les adaptations précédentes. Je ne nie pas qu’il y a de vraies réussites dans plein de versions des MISÉRABLES, mais, à mon sens, elles mettent toutes en avant un héros, Valjean, quitte à oublier parfois de donner de l’épaisseur aux autres personnages du roman d’Hugo – l’inspecteur Javert, Fantine, le couple Thénardier, Marius, Cosette… Qu’on passe à côté du caractère choral contenu dans cette histoire me paraît étrange. Entre les lignes des MISÉRABLES, il y avait une matière romanesque pas encore totalement exploitée au cinéma.

C’est pour ça que le personnage de l’inspecteur Javert, qu’interprète Tahar Rahim, a droit à son origin story sous la forme d’une scène où on le voit, enfant, tenter de voler la montre d’un bourgeois, car sa mère le lui a demandé ?

Exactement ! Car Javert appartient au patrimoine littéraire populaire, on projette sur lui plein d’images associées à la raideur de la justice : des préfets de police en période de mouvements sociaux, des procureurs sévères au moment de prononcer leur sentence, etc. Mais dans le roman d’Hugo, il est indiqué succinctement que Javert est fils d’une famille de gitans. Lui aussi a sans doute connu la précarité, a été victime de racisme. Au fond, en pourchassant Valjean, ce que Javert essaye de tuer, c’est lui-même. Psychologiquement, il est le plus compliqué à saisir, notamment pour son geste final. Quand on a la chance, comme moi, de bénéficier d’un aussi bon casting et d’un matériel romanesque si dense, on est obligé de donner de l’humanité à tous ses personnages pour les faire exister chacun à égalité. Ma première version du film durait 5h30, et j’ai dû retirer 95 séquences pour tenir en 3 heures.

Il y a un côté série à gros budget ou feuilleton dans votre adaptation des MISÉRABLES. Vous revendiquez cette analogie ?

Oui, car on peut retrouver cette histoire nichée dans tout le cinéma international. J’ai, par exemple, essayé aussi d’aller vers l’univers très codifié du western. Un film de ce genre dans lequel il y a, selon moi, un peu du personnage de Jean Valjean, c’est HOSTILES (2017), avec Christian Bale. Pour la traque de Valjean par Javert, j’ai pensé à celle qui mettait aux prises Harrison Ford et Tommy Lee Jones dans LE FUGITIF (1993). À l’évidence, le cinéma hollywoodien a dû s’inspirer du livre de Victor Hugo pour ce blockbuster vraiment très réussi. On en revient, encore et toujours, aux grandes œuvres populaires. Elles irriguent absolument partout.

Pensez-vous que l’histoire des MISÉRABLES résonne encore plus fort dans le monde d’aujourd’hui et ses mouvements sociaux qui revendiquent les conditions à une vie meilleure ?

Il y a certainement quelque chose de commun dans la manière dont Victor Hugo dépeint la France dépossédée du début du XIXe siècle et certains mouvements qui ont marqué l’actualité récente, comme les gilets jaunes. Le contexte de l’espoir d’un lendemain meilleur, sans cesse déçu, on l’a connu à plusieurs époques de l’histoire de France : 1789, 1830, 1870, mai 68… Le point commun, très actuel, c’est que la solution passe toujours par la fraternité et l’empathie. Hugo disait qu’on avait réussi à vaincre la peste, mais pas encore la pauvreté. Si l’on guérissait la pauvreté, le monde irait mieux, même pour ceux qui possèdent.

Pourquoi aller voir LES MISÉRABLES ?

La nouvelle adaptation du chef-d’œuvre littéraire de Victor Hugo a tout pour marcher sur les traces des succès qu’ont été LES TROIS MOUSQUETAIRES, LE COMTE DE MONTE-CRISTO ou encore les deux volets de la saga DE GAULLE. Cela tient à son budget de superproduction et au casting le plus alléchant (et transgénérationnel) du cinéma français contemporain. Cela tient aussi à la manière de restituer le caractère choral de cette histoire où les damnés de la terre du début du XIXe siècle ont rendez-vous avec la transcendance. La réussite du cinéaste Fred Cavayé, de Vincent Lindon, Tahar Rahim, Camille Cottin et tous les autres ? Défendre une idée simple : le patrimoine littéraire d’ici a autant de souffle que les westerns, les thrillers d’action et les films de superhéros de là-bas.

LES MISÉRABLES porte le label UGC AIME, notre coup de cœur du mois et figure aussi dans notre sélection Quel film voir en couple ?.

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