Comment enchaîner après le succès mondial de Portrait de la jeune fille en feu ? Avec Petite Maman, Céline Sciamma choisit de calmer le jeu et de garder un contrôle absolu sur son œuvre. 

Petite fable craquante en même temps que grand geste théorique, Petite Maman agit pour les admirateurs de Céline Sciamma, comme une véritable énigme à résoudre tout au long de ses 72 minutes. Il y a d’abord l’évidence : c’est-à-dire ce récit tout à fait charmant d’une petite fille, Nelly,  qui, un beau jour, tombe sur une autre petite fille qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Elle porte le même prénom que sa maman, Marion, et à vrai dire il se pourrait bien que ce soit carrément sa maman. Il y a ensuite la manière très troublante, très stimulante, dont la réalisatrice semble envisager cette Petite Maman comme le négatif absolu de Portrait de la jeune fille en feu. Le sujet, le genre, la durée, l’ampleur, l’échelle : ici tout vient s’inscrire en opposition au précédent comme s’il s’agissait immédiatement de calmer le jeu et de surprendre tout de suite son auditoire après le succès international et le destin exceptionnel du film, devenu un véritable objet identitaire et générationnel.

Il est évident, qu’il y a eu soudainement une bascule dans la carrière de Céline Sciamma. On ne peut signer un film aussi déterminant, aussi retentissant que Portrait… et faire ensuite comme si de rien n’était. Elle qui a imaginé un grand film sur le regard, sait désormais que les yeux du monde entier sont braqués sur elle. Alors que faire après ça ? C’est là, qu’au-delà de ses simples enjeux de récit et de personnages, Petite Maman passionne, parce qu’il raconte, en creux, qu’il y à la fois de la pudeur, de la provoc et du panache chez cette cinéaste. Ici, Sciamma décide soudainement de faire un petit pas de côté, très discret, très doux, au moment même où toute l’industrie lui réclame d’enfoncer le clou et de faire plus de bruit. Voilà comment garder la tête froide et le contrôle sur sa carrière. 

Mais on peut aussi envisager les choses autrement. Regarder un tout petit peu plus en arrière qu’il y a quelques mois, et se souvenir par exemple que bien avant cela, Sciamma était déjà partie ausculter des gamins tristounes, notamment dans le très beau Ma Vie de Courgette (dont elle signait « seulement » le scénario) ou encore dans Tomboy. Et que Petite Maman pourrait bien être le troisième volet d’une trilogie informelle sur la petite enfance. Et de ce point de vue-là, Petite Maman, ne serait ni un pas de côté, ni une manière de surprendre le public après Portrait…, mais bien une pièce de choix qui s’imbriquerait parfaitement dans la filmo de son auteur.
De fait, quel que soit l’angle « auteuriste » qu’on choisit pour le regarder, le film vient apporter une réponse intéressante, originale, sur la façon dont Céline Sciamma a donc choisi de bâtir son œuvre. Un mélange de patience et d’instinct, de conscience de soi et de lâcher prise, qui vient rendre ses films encore plus singuliers et entêtants.

Jean-Michel Lassault

Film

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