Le premier film de Florian Zeller, porté par un Anthony Hopkins suprême, est à la fois une énigme à décoder et un mélodrame qui devrait vous secouer.

C’est une œuvre construite en crescendo. Un film d’abord murmuré, claquemuré dans le luxe glacé d’un appartement londonien et qui va ne cesser de monter en régime. Il débouchera sur un climax où le murmure deviendra finalement un cri (primal) et où la froideur de l’appartement laissera place à une nature florissante et accueillante. Pour en arriver là, à ce sommet mélodramatique assez inoubliable, il aura fallu s’enfermer pendant un peu plus de 90 minutes dans la tête d’Anthony (Hopkins, sidérant et oscarisé), un octogénaire qui commence justement à la perdre, la tête. 
The Father, c’est lui, et il a donc une fille, Anna. C’est peut-être la dernière certitude que possède Anthony, d’ailleurs. Pour le reste, rien n’est vraiment certain : l’appartement londonien qu’il arpente chaque jour depuis des années lui appartient-il vraiment? Qui peut bien être l’inconnu fort désagréable qui vit à ses côtés ? Et pourquoi sa fille lui dit-elle qu’elle va déménager vers Paris si c’est pour lui affirmer le contraire le lendemain ? Le monde serait-il en train de devenir complètement absurde ou serait-ce plutôt Anthony qui commence à perdre les pédales et frôler la démence ?
The Father commence comme un thriller, une espèce de cauchemar mental où le héros perd un peu plus pied à chaque scène, et nous pousse systématiquement à remettre en question ceux qu’on vient de voir. Ça peut faire peur, c’est toujours fascinant, senti, crédible. 
Florian Zeller adapte sa propre pièce, dont c’est le premier film. On ne soupçonnait pas forcément chez lui une telle maitrise des outils propres au grand écran. Il faut le préciser : c’est tout sauf du « théâtre filmé », c’est du cinéma où le souffle se coupe par l’entremise d’une ellipse bien sentie, d’un changement d’axe qui vient tout reconfigurer, d’un recadrage soudain qui fait monter les larmes. Il faut néanmoins préciser que pour en arriver là, Zeller a eu l’intelligence de s’entourer des tous meilleurs artisans britanniques (Christopher Hampton au script, Ben Smithard à la photo et devant la caméra le carré d’as Olivia Coleman, Olivia Williams, Imogen Poots, Rufus Sewell en soutien d’Hopkins) pour offrir à son objet une facture impressionnante.

La grande singularité du film c’est donc de raconter la trajectoire intérieure d’un octogénaire à travers les yeux de cet homme en question. D’habitude, on ne filme ces choses-là qu’à travers le regard de l’entourage, de ceux qui ont toute leur tête mais qui souffrent. La beauté du film, c’est de remettre justement cette souffrance en partage, entre ceux qui en sont témoins et celui qui la vit au quotidien. Ce n’est pas parce qu’il vit dans la confusion la plus totale et qu’il oublie tout du jour au lendemain, qu’Anthony accepte pour autant son destin. En fin de course, le film nous fait toucher du doigt la sensation inouïe et terrible qui parcourt cet homme, celle de ne plus avoir aucun contrôle sur les choses, de devenir le témoin de son propre égarement. 
Et c’est bouleversant.

Jean-Michel Lassault 

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