Après avoir passé une décennie à l’arrière-plan du cinéma français, l’excellent Benjamin Lavernhe se décide enfin à devenir tête d’affiche dans Le Discours, et prouve en creux que la patience est une indéniable vertu.

On l’avait aperçu pour la première fois en 2012, en assistant un peu trop zélé dans l’excellent Radiostars de Romain Lévy. A l’époque, il faut savoir l’avouer, on l’avait à peine remarqué. Un peu en retrait dans ce film de bande où il fallait se faire sa place, un peu effacé face aux performances vraiment maousses de Manu Payet, Pascal Demolon ou d’Alice Belaïdi, Benjamin Lavernhe semblait vouloir prendre son temps, ne pas attirer tous les regards sur lui, regarder un peu comment les choses se passent. Déjà pensionnaire de la Comédie-Française à la sortie du film, il n’avait pas forcément un besoin impérieux de griller les étapes au cinéma. Alors il y est allé mollo. 

Ça s’est concrétisé par beaucoup de troisièmes ou quatrièmes rôles chez des cinéastes qui ont de la bouteille et du talent (Jérôme Salle, Bruno Podalydès, Nicole Garcia…). Puis est arrivé, presque par surprise, un coup d’éclat, le rôle du marié imbuvable dans Le Sens de la fête. Encore un film de troupe, mais d’où, cette fois, il n’avait aucun mal à s’extraire.

Benjamin Lavernhe devenait subitement une gueule connue du grand public, et devenait grâce à son premier César, le nouveau petit protégé de l’industrie. Mais il restait surtout patient, incroyablement patient. Après ça, plutôt que de vouloir à tout prix devenir une vedette, il allait s’atteler à devenir le second rôle le plus demandé du cinéma français, et s’est notamment chargé d’envoyer sur orbite le Mon Inconnue d’Hugo Gélin – récoltant encore une nomination aux César.

Après être apparue là encore, un peu à l’arrière-plan, dans le succès surprise de l’été dernier, Antoinette dans les Cévennes, Benjamin Lavernhe devient, pour la première fois de sa carrière et à 37 ans, une véritable tête d’affiche au cinéma dans Le Discours de Laurent Tirard, d’après le roman de Fabrice Caro. Finies les apparitions spectacles, désormais il s’agit de porter un projet sur ses épaules et ici, il est quasiment de tous les plans. Parfaitement épaulé (Sara Giraudeau, Kyan Khojandi, Julia Piaton ou François Morel sont aussi de la partie), il élabore un spectacle ahurissant, construisant un personnage de trentenaire indécis et caustique, préférant s’imaginer des vies plutôt que de s’approprier son destin. Le rôle est un bel écrin, mais il prête aussi le flanc au one-man show débridé qui vampirise tout sur son passage. Il faut dire qu’il exige à la fois une palette assez large, un coffre certain et un petit peu de retenue, autant d’éléments pas forcément simples à trouver chez des comédiens de moins de quarante ans. C’est là, où l’expérience et la patience de Lavernhe entrent en jeu. Le jeune homme esquive le piège du « trop », de la performance en sur-régime, et s’arrête systématiquement devant cette frontière où le personnage ne devient plus que le faire-valoir de l’interprète. 
Dans Le Discours, on a le droit au meilleur des mondes : la rencontre avec un héros de cinéma ET le pur plaisir de voir un comédien l’incarner. Ça valait le coup d’attendre, en effet.

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