UGC M : LES HIRONDELLES DE KABOUL

Le 4 septembre 2019


Présenté en mai dernier au Festival de Cannes dans la sélection Un certain regard, Les Hirondelles de Kaboul est adapté du roman éponyme de Yasmina Khadra. Le film se situe à Kaboul en 1998, alors en ruine et occupée par les talibans. On y suit le destin d'un jeune couple, Mohsen et Zunaira, dont les vies vont basculer suite à un geste insensé de Mohsen. 

 

Réalisé par Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec, le long-métrage utilise une technique d'animation particulière consistant à filmer des acteurs et depuis cette base créer l'animation. Cela apporte à l'œuvre du réalisme et permet de reconnaître les acteurs comme l'indique Zabou Breitman "Éléa a commencé à travailler selon le procédé qu’on allait suivre jusqu’au bout. A savoir qu’il fallait reconnaître l’acteur à travers le personnage, sans que ce soit du copié-collé." Eléa Gobbé-Mévellec poursuit : "On a pris le son à la perche, on a posé deux caméras témoin avec deux angles différents pour servir de référence, mais ce n’est pas de la rotoscopie [...]. On voulait une animation épurée, la plus synthétique possible. Si l’image doit rester fixe, elle restera fixe. Mais on isolera le micro-mouvement qui donne l’émotion souhaitée et qui caractérise le personnage."

 

L'emploi d'un style d'animation relativement abstrait permet également de traiter un sujet difficile tout en apportant une certaine distance "L’extrême abstraction et la durée apportées par l’animation font qu’il y a une forme de douceur propice à représenter la dureté de cette histoire. Le dessin apporte une distance qui rend les images supportables. Je ne sais pas si l'on supporterait un film en prises de vue réelles sur le même sujet." souligne Zabou Breitman.

 

Certains éléments diffèrent du roman, notamment la période à laquelle se déroule le récit. Yasmina Khadra situe l'histoire en 2001 tandis que les réalisatrices ont pris le parti de le situer en 1998. Cette décision a influé sur la représentation des personnages comme le remarque Zabou Breitman "Le roman se passe en 2001, le film est censé se passer en 1998, les talibans viennent d’arriver, ils n’ont pas encore de longues barbes ! Et c’est pour ça qu’on entend le match de foot à la radio avec le nom de Zidane. Je me suis dit : quel est l’élément de 1998 que tout le monde peut reconnaître ? La Coupe du Monde, bien sûr."

 


Ce film a reçu le label UGC M.