WILD HORSE NINE, cinquième long-métrage de Martin McDonagh, est sorti le 4 novembre 2026 dans les cinémas UGC. En 1973, à l’approche du coup d’État au Chili, deux agents de la CIA sont envoyés en mission sur l’île de Pâques. Sam Rockwell, John Malkovich et Steve Buscemi en sont les têtes d’affiche. Le film porte le label UGC AIME.

De quoi parle WILD HORSE NINE ?

1973. Le coup d’État qui renversera Salvador Allende, le président élu, et installera la dictature d’Augusto Pinochet, se rapproche et les services secrets américains sont sur le qui-vive. C’est dans ce contexte explosif qu’à la demande de leur supérieur, Chris et Lee, deux agents de la CIA en poste à Santiago, sont envoyés en mission sur l’Île de Pâques.

Pourquoi une chanson de The Clash a-t-elle influencé WILD HORSE NINE ?

Il y a douze ans, le réalisateur et dramaturge Martin McDonagh effectue une brève visite sur l’Île de Pâques. Sans raison apparente, à première vue, si ce n’est de vérifier, in situ, si cette terre enclavée, aux confins de l’océan Pacifique, ne pourrait pas servir de décor à un long-métrage. « Je voulais voir si une histoire pouvait s’y dérouler, sans vraiment savoir quelle forme elle pourrait prendre, mais en me disant que ce serait un décor fascinant et original. » Située à plus de 3500 km des côtes chiliennes, l’île de Rapa Nui (son nom autochtone) et ses statues géantes en pierre peuvent exciter l’imaginaire. Encore faut-il trouver le bon récit. L’idée va naître dans l’esprit du cinéaste lorsque ce dernier se remémore son intérêt d’adolescent pour la révolte politique qui a bouleversé le Chili au début des années 1970. Les images et les impressions qui lui reviennent en tête ont le rythme frénétique d’une chanson punk comme le précise Martin McDonagh : « Tout est né de “Washington Bullets”, un morceau de Sandinista, l’album de The Clash sorti en 1980. La chanson parle de l’implication des États-Unis dans diverses régions du monde et en particulier de la Baie des Cochons à Cuba. En entendant cette chanson lorsque j’avais 10 ou 12 ans, j’ai eu envie de m’y intéresser de plus près et de me documenter sur ce qui s’était passé là-bas. »

Quels sont les rôles cultes de John Malkovich ?

Depuis son prix à la dernière Mostra de Venise, la critique défend l’idée selon laquelle le grand John Malkovich a livré sa plus grande performance de comédien dans WILD HORSE NINE. Possible, mais avant ça, il avait déjà marqué les esprits dans plusieurs rôles.

Vicomte libertin

LES LIAISONS DANGEREUSES (Stephen Frears, 1988).

L’adaptation du sulfureux roman de Pierre Choderlos de Laclos offre un vrai rôle romantique à John Malkovich et une réputation de séducteur. En plein tournage, le comédien américain d’origine croate entame une idylle avec sa partenaire Michelle Pfeiffer. Elle aura pour conséquence de précipiter le divorce des deux acteurs avec leur épouse et époux du moment. Dangereux de confondre sa vie avec le vicomte libertin Valmont ? Quand on lui parle de liaisons dangereuses, littéraires et réelles, le réalisateur anglais Stephen Frears esquisse un sourire à l’envers : « C’était une de ces périodes où la réalité et l’art se sont rencontrés. »

Colosse déficient mentalement

DES SOURIS ET DES HOMMES (Gary Sinise, 1992).

Le film tiré du chef-d’œuvre de John Steinbeck par Gary Sinise (complice de toujours de Malkovich depuis leur rencontre au sein de la troupe du Steppenwolf Theatre Company de Chicago) vieillit bien. DES SOURIS ET DES HOMMES, au classicisme hollywoodien assumé, a connu des hauts (standing ovation lors de sa présentation au Festival de Cannes), des bas (chiffres au box-office plutôt décevants), mais a gagné en épaisseur, plus de 30 ans après sa sortie. La raison : la performance bouleversante de Malkovich, dans le rôle de Lennie Small, ouvrier agricole souffrant de troubles mentaux. Mais pourquoi n’a-t-il pas gagné l’Oscar ? Car la concurrence – d’Al Pacino à Clint Eastwood en passant par Denzel Washington – était lourde, très lourde, cette année-là.

Tueur de président

DANS LA LIGNE DE MIRE (Wolfgang Petersen, 1993).

Dans les années 1990, John Malkovich amorce une nouvelle carrière : celle du bad guy hollywoodien, reconnaissable à son regard froid comme l’acier et à sa voix suave qui siffle autant que celle d’un serpent. Acmé de cette période, le thriller parano DANS LA LIGNE DE MIRE, pour lequel le cinéaste Wolfgang Petersen imaginait Robert De Niro ou Sylvester Stallone, en costume d’un génie du mal, obsédé par l’idée d’assassiner le président des États-Unis. Finalement, Malko fera le boulot en ajoutant à son personnage de psychopathe une dimension théâtrale et excentrique. Nomination à l’Oscar du meilleur second rôle largement méritée.

Lui-même

DANS LA PEAU DE JOHN MALKOVICH (Spike Jonze, 1999).

Une nouvelle vague d’auteurs à l’aise avec la pop culture et les histoires mélancolico-tarabiscotées s’avance. Elle compte en son sein des esthètes, tels Sofia Coppola, Charlie Kaufman ou Spike Jonze. Les deux derniers ont la vision d’un long-métrage fou : l’histoire d’un marionnettiste trouvant la porte d’entrée dans le psychisme de… John Malkovich en personne. Hésitant à jouer dans un film qu’il trouve trop cérébral et prétentieux – et notamment à figurer dans la scène culte où les seuls dialogues sont « Malkovich ! Malkovich ! » prononcés sur tous les tons –, le comédien accepte finalement l’expérience au nom du surréalisme et de l’autodérision. Grand bien lui en a pris.

Pourquoi aller voir WILD HORSE NINE ?

Officiel : le brillant réalisateur irlando-britannique Martin McDonagh (THREE BILLBOARDS, LES BANSHEES D’INISHERIN) marche sur les traces des frères Coen. WILD HORSE NINE est son cinquième long-métrage et sans doute le mieux dialogué et le plus complexe de tous ses films depuis BON BAISERS DE BRUGES. Martin McDonagh n’hésite jamais à superposer plusieurs couches de cinéma les unes sur les autres. WILD HORSE NINE commence comme un thriller d’espionnage vintage dans les paysages de carte postale de Rapa Nui, puis se prolonge en réflexion acide sur le rôle que jouent les services secrets américains dans le chaos du monde d’hier comme d’aujourd’hui. Et au milieu ? Un buddy movie riche de savoureux dialogues, doublé d’une grande comédie existentielle. Pas mal pour un seul film ! Parfait en agent de la CIA qui voit la mort s’approcher, John Malkovich y trouve son plus beau rôle à ce jour et quelques motifs à espérer remporter l’Oscar du meilleur acteur.

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